31 août 2007
Crumble aux fruits d'été
Quoi de plus simple qu'un crumble? En plus d'être simple et bon, ce gâteau combine agréablement les goûts et textures, le croquant et le fondant, l'acidulé et le sucré, et il peut se décliner à l'infini, tant en ce qui concerne les miettes que la garniture de fruits ou encore les façons de le présenter, individuelles ou collectives. On peut aussi en donner des versions salées.
La version que je propose aujourd'hui est assez rustique, à base de farine complète et de sucre roux. C'est pour moi une base classique. J'ai fait plusieurs essais avant d'obtenir le résultat que je cherchais, c'est-à-dire des miettes bien croquantes, ce que je ne parvenais pas à obtenir avec des recettes où le beurre était presque aussi présent que la farine. Ma version, 200g de farine, 120g de beurre, 80g de sucre est assez proche des proportions du shortbread, un de mes petites gâteaux favoris avec les galettes bretonnes. Elle reproduit assez bien la texture du premier crumble que j'ai mangé chez une amie peu versée en cuisine, dont le crumble était un des seuls desserts qu'elle réussissait. C'est la recette que je fais sans réfléchir quand j'ai peu de temps et beaucoup de fruits, ce qui est souvent le cas en fin d'été et au début de l'automne. Le crumble aux pêches, aux pommes ou à la rhubarbe est excellent en version monofruit mais il se prête aussi très bien aux mélanges de fruits. On connaît l'association anglaise classique pommes-mûres. J'aime aussi beaucoup l'association des pêches ou des nectarines avec différentes sortes de prunes, comme dans la recette qui suit.
Pour la garniture:
- 1 kg ou un peu plus de nectarines, reines-claudes véritables et prunes rouges, de quoi bien remplir le fond du moule utilisé
- 50 à 100g de sucre selon les goûts et l'acidité des fruits pour un kg de fruits
- Vanille en poudre (à remplacer par de la cannelle pour un crumble aux pommes ou aux prunes)
Pour les miettes:
- 200g de farine (complète ici)
- 120g de beurre
- 80 g de sucre (roux)
1. Lavez soigneusement et dénoyautez les fruits. Coupez-les en quartiers et répartissez-les régulièrement sur le fond d'un moule en porcelaine à feu.
2. Mélangez la farine et le sucre dans une terrine. Ajoutez-y le beurre laissé préalablement un moment à température ambiante pour le ramollir un peu. Travaillez l'ensemble du bout des doigts afin que tout le beurre soit absorbé par le mélange farine-sucre. Le mélange obtenu ressemble un peu à un sable à gros grains.
3. Prenez ce mélange dans la terrine par poignées et répartissez-le régulièrement sur les fruits de façon à ce que tout soit bien recouvert. Mettez à four moyen-chaud (th6 ou 180-200°) pour une bonne demi-heure. Pour ma part, j'aime que le jus rendu par les fruits réduise voire caramélise un peu.
Servir tiède avec une boule de glace vanille, maison si possible.
29 août 2007
De l'usage des gélifiants pour les compotes de fruits d'été
Je ne suis pas une grande consommatrice de confitures, si l'on excepte, de temps à autre, la très british gelée de citron ou l'écossaise Dundee marmelade et depuis peu, les remarquables confitures acidulées aux saveurs exotiques de la marque Ethiquable. Par contre j'aime les desserts aux fruits, notamment les tartes et crumbles, qui combinent les saveurs et textures qui me plaisent: le croustillant, l'acidulé et le sucré. Mais on ne mange pas des tartes tous les jours. Pour le quotidien, notamment pour les jours d'hiver où la variété de fruits disponibles est limitée, je recours aux compotes de fruits que j'ai congelées à la fin de l'été: prunes, pêches et poires de jardin, obligeamment données par de la famille ou des amis, mirabelles achetées rituellement chaque année, reines-claudes et nectarines parfois.
Je passe donc de longues heures à laver, peler, dénoyauter, couper en quartiers, cuire, emballer et étiqueter ces compotes de fruits d'été. Pour la cuisson, j'utilise en moyenne 100g de sucre pour un kilo de fruits prêts à cuire, pelés ou dénoyautés selon le cas, avec des petites variantes, un peu plus s'il s'agit de prunes acides, un peu moins si j'ai affaire à des fruits plus doux, comme les mirabelles par exemple. Selon moi, elles changent complètement de goût à la cuisson. Alors que crues, elles me semblent un peu fades, une fois cuites, je leur trouve un goût délicieux, particulièrement avec du fromage blanc. Voilà un petit déjeuner ou un dessert tout simple pour tous les jours. Ces fruits cuits peuvent constituer aussi une bonne base pour un crumble rapide, pour accompagner une glace ou une bavaroise et se prêtent à toutes les compositions possibles de verrines ou de trifles.
Une fois les fruits préparés et pesés, je les verse dans une grande cocotte en fonte, j'ajoute le sucre et une épice douce (de façon très classique, de la cannelle pour les prunes, de la vanille pour les pêches ou les poires, mais on peut imaginer aromatisation plus hardie) et je les cuis en démarrant sans eau, donc à feu doux, et en augmentant la puissance du feu quand les fruits commencent à rendre de l'eau.
Pendant longtemps, j'ai regretté que ces fruits donnent tellement d'eau à la cuisson -c'est néanmoins variable selon les fruits-. Pour obtenir un jus plus court, j'avais donc tendance, dès lors que le jus rendu était abondant (au bout de 10 mn environ pour 2 kilos de fruits), à poursuivre la cuisson à gros bouillons jusqu'à la consistance désirée, au risque de trop cuire ma préparation. Et même ainsi, comme en témoigne la photo ci-dessus, le jus reste assez liquide, surtout après décongélation.
L'an passé, j'ai pensé que si j'utilisais du sucre à confiture, qui contient de la pectine, je pourrais obtenir un meilleur résultat, mais la quantité minime de sucre utilisée rend le procédé illusoire. J'ai donc ajouté au sucre à confiture une ou deux feuilles de gélatines préalablement trempées dans l'eau froide, essorées et mises à fondre dans la compote en toute fin de cuisson. Le résultat a été en-dessous de mes espérances.
Fashion victim de la blogosphère, je me suis procurée de l'agar-agar chez G.Detou lors d'un déplacement à Paris (un pot de 100g, excusez du peu) mais cet ingrédient mystérieux dormait dans mon placard depuis huit mois jusqu'à ce que je pense à l'utiliser pour mes fameuses compotes. Je me suis alors renseignée sur les quantités envisageables en allant consulter quelques blogs experts et je me suis arrêtée à 1g par kilo de fruits prêtes à cuire. Il me semble que la consistance obtenue est juste celle que je recherche, celle d'un sirop un peu figé. La difficulté est plutôt de parvenir à peser 1g. Sur ma balance, le volume d'un gramme a l'air d'être à géométrie variable, alors finalement, je me fie aux conseils de Christiane: 1g = environ 1 cuillerée à café, pas trop remplie. J'ai dilué l'agar-agar dans un peu d'eau avant de le verser dans la compote en fin de cuisson. Il faut ensuite laisser bouilloter encore tranquillement 1mn 30 à 2 mn.
Reste à voir la consistance de ces compotes une fois passée l'épreuve de la congélation et de la décongélation.
27 août 2007
Pizza Reine
Dans la série des petits travaux agréables de l'été, je continue à consigner, pour les transmettre, quelques recettes qui font le quotidien alimentaire de la maison. De la pizza, on en fait pratiquement toutes les semaines et la reine est celle qui revient le plus régulièrement sur notre table, une sorte de classique indémodable. Le petit plus de la pizza maison, c'est que l'on peut avoir les ingrédients qui composent la garniture dans les proportions et avec le degré de cuisson qui nous convient. Par exemple, si j'aime les oignons sur la pizza, il me les faut dorés, tranquillement revenus à l'huile d'olive et non pas juste posés crus sur la garniture. De même je préfère les poivrons déjà attendris; quant aux champignons, frais, ils peuvent être finement émincés crus sur la garniture, mais s'ils sont surgelés, il faut les faire rendre leur eau avant toute utilisation, sinon, ils risquent de détremper l'ensemble de la préparation.
Depuis que j'ai une MAP, la préparation de la pâte est un jeu d'enfant. Les proportions que je donne sont valables pour deux pizza moyennes (valables chacune pour deux personnes) ou pour une grande plaque de four (plus une petite boule de pain individuel, si on aime la pâte à pizza fine).
Pour 4 personnes:
Pour la pâte:
1.75 dl d'eau tiède (30 à 35°)
1 cuillerée à soupe d'huile d'olive
300g de farine de blé
1 cuillerée à café de sel fin
1 sachet de levure de boulanger (ou 20 gr de levure fraîche
En MAP:
Préparez la pâte deux bonnes heures avant l'heure du repas. Versez dans le récipient de la machine à pain l'eau tiède et l'huile d'olive. Recouvrez le liquide de farine. Mettez le sel dans deux des coins du récipient. Ménagez un puits dans la farine avec le doigt sans découvrir le liquide et ajoutez la levure dans le puits. Remettez le récipient dans la machine et programmez en mode "pâte à pizza" ou "pétrissage". Attendez la fin du programme.
A la main:
Versez la farine dans un grand récipient, poudrez-la de sel et mélangez-y également la levure sèche (si vous préférez la levure fraîche, delayez-là avec une partie de l'eau tiède). Faites un puits au centre et ajoutez-y l'huile d'olive puis (la levure fraîche le cas échéant) l'eau tiède, de façon progressive. Lorsque que la farine a bu tout le liquide, pétrissez la pâte une dizaine de minutes en l'aplatissant sur le plan de travail fariné, puis en l'étirant vers le haut, en la repliant et en l'aplatissant de nouveau, de façon à y faire entrer un maximum d'air. Roulez la pâte en boule et laissez-la reposer dans une terrine couverte d'un torchon dans un endroit tiède, de 30 mn à 2 heures suivant la température.
Dans les deux cas:
Divisez votre pâte en deux et étalez-la (pour l'avoir la plus fine possible, je finis au rouleau à pâtisserie) en deux galettes ou gardez-la entière et abaissez-la à la dimension de votre plaque du four. Roulez l'excédent en boule et faites-en un petit pain, qui cuira sur un autre gradin du four pendant la cuisson de la pizza.
Pour la garniture:
2 beaux oignons
2 tranches de jambon
2 boules de mozzarella
50 à 80g de parmesan ou de grana panado suivant les goûts et les ressources
250g de champignons
1 petite brique de purée de tomates nature (200g type Tomacoulis) ou 1 purée de tomates maison
Sel, poivre
Origan sec
Huile d'olive
Facultatif: olives, anchois, crevettes, oeufs...
1. Faites revenir les oignons finement émincés à l'huile d'olive.
2. Découpez le jambon en petits cubes, la mozarella en tranches fines.
3. Emincez les champignons et faites-les suer légèrement à la poêle. Quand j'utilise des champignons surgelés, les les passe au micro-ondes plusieurs minutes jusqu'à ce qu'ils baignent dans leur eau de végétation, puis je les fais égoutter dans une passoire et j'exprime le reste de leur eau à la spatule.
4. Disposez régulièrement les ingrédients sur la pizza: d'abord une fine couche de purée de tomates, puis les oignons, le jambon, les champignons. A ce stade, je répartis sel, poivre et origan sur l'ensemble de la garniture. Je dispose enfin les tranches de mozzarella et je saupoudre l'ensemble de parmesan ou de grana panado avant de l'enfourner pour un bon quart d'heure th. 6-7 (200 à 220°).
On peut ajouter à volonté olives, anchois ou crevettes sur cette garniture selon les goûts de chacun-e. On peut aussi ajouter un oeuf. Je l'aime avec le blanc juste pris et le jaune encore coulant. Pour obtenir ce résultat, j'ajoute les oeufs sur chaque part quelques minutes avant la fin de la cuisson et je retire la pizza du four quand le blanc est pris.
16 août 2007
Flan pâtissier
L'été est le moment propice pour ressortir les vieilles recettes éprouvées, que l'on peut faire sans trop se casser la tête, et en étant sûr.e de faire plaisir, car si les blogueuses et blogueurs aiment l'expérimentation, les membres de leur famille préfèrent souvent des recettes plus classiques, faites et refaites et toujours appréciées. Pour ma part, je ne suis pas vraiment une aventurière du goût et mes expérimentations se limitent souvent à essayer de faire au mieux ce que j'ai appris à faire il y a des années. Je me lance tout de même assez fréquemment dans des nouveautés qui ne reçoivent pas toujours l'approbation de mon entourage. Aucun risque de ce genre avec le flan parisien. Même moi j'aime ce gâteau depuis des lustres. Toute petite, ma mère m'achetait des tartelettes au flan chez le boulanger-pâtissier qui jouxtait notre maison. Il les appelait des lampions.
La recette que je propose ici est d'un goût proche de ces lampions, c'est-à-dire moins gélatineuse que les flans que nous proposent les boulangers-pâtissiers aujourd'hui, et aussi moins épaisse, mais rien n'interdit d'adapter les proportions que je propose (elles-mêmes résultat de différents essais) en adaptant la taille du moule, plus petit si on veut un flan plus épais, en remplaçant un peu de farine ou de maïzena par de l'agar-agar ou de la gélatine si on souhaite une consistance à la fois plus ferme et légèrement tremblante. Il m'arrive de rechercher des goûts maison proches de ceux de certains produits du commerce, mais cette fois, je m'en tiens à ma version.
Une pâte brisée maison faite avec 200g de farine, 100g de beurre et un peu d'eau ou une pâte feuilletée du commerce de bonne qualité, pur beurre
1 litre de lait entier (ou 3/4 de litre de lait 1/2 écrémé et 1/4 de litre de crème fleurette)
80g de farine fluide
150g de sucre
1 à 2 cuillerées de vanille liquide selon sa concentration
2 jaunes d'oeufs
Pour caraméliser la surface: une noix de beurre et une bonne poignée de sucre
1. Si vous optez pour la pâte brisée maison , préparez-la et laissez-la reposer pendant la fabrication de la garniture (il n'est pas utile à mon idée de s'embêter à faire une pâte feuilletée maison pour un dessert aussi rustique, mais si vous en avez un reste, pourquoi pas?). Allumez le four th. 6,5 (200°)
2. Dans une casserole à fond épais, mélangez la farine et le sucre et délayez-les avec le lait froid. Portez l'ensemble à ébullition sur feu moyen en ne cessant de tourner jusqu'à l'ébullition, puis ajoutez la vanille liquide.
3. Délayez les deux jaunes d'oeuf avec une cuillerée à soupe d'eau et ajoutez-les dans la préparation en tournant vigoureusement.
4. Etalez votre pâte au rouleau (ou déroulez la pâte feuilletée du commerce) et foncez-en un moule à tarte assez profond (de 24 à 30 cm) selon l'épaisseur que l'on veut obtenir. Ici, le moule fait 30 cm. Faites attention d'adapter la taille du moule à la quantité de préparation afin d'éviter les débordements dans le four. Versez la crème tiède dans la pâte. Parsemez la surface de petites lichettes de beurre ou passez délicatement un peu de beurre fondu au pinceau. Prenez une poignée de sucre en poudre dans votre main et saupoudrez-en régulièrement la surface de la crème. Je maîtrise mieux le geste et ai la main plus légère en procédant ainsi.
5. Enfournez pour 35 minutes. Au bout de ce temps, la pâte doit être dorée et la surface de la tarte, peut-être pas caramélisée mais en tout cas légèrement brillante avec des zones plus brunes.
10 août 2007
Gâteau n°1 pour Mamina: gâteau chocolat-noix de coco aux épices douces
Il y a quelques jours, Mamina a lancé un concours visant à recueillir LA recette de ce que nous considérions comme LE gâteau au chocolat. Le but poursuivi est de collecter un ensemble de recettes qu'elle réunira dans un petit livret comme elle l'a fait des petites crèmes de la blogosphère. Seulement, la sélection d'une seule recette est difficile, d'autant plus que le gâteau au chocolat de Pierre Hermé ou le fondant au choclat de Nathalie proposé par Trish Deseine ont déjà largement circulé sur les blogs. J'ai donc décidé, dans les limites que m'imposera le temps imparti et celui dont je dispose, de proposer plusieurs recettes éprouvées et si je peux, une de mon invention -ma créativité est toute relative et s'inspire largement de mes lectures ou expériences gustatives-.
Je commence par un gâteau au chocolat à la noix de coco, alors que je sais bien que Mamina n'apprécie pas ce dernier ingrédient, mais puisqu'elle oeuvre ici pour la collectivité, je me suis dit que ce n'était peut-être pas un problème. La caractéristique de ce gâteau, outre d'être moëlleux et parfumé à souhait, est de combler l'odorat au moment de sa fabrication, j'y reviendrai. La recette est extraite de mes Carnets de cuisine, n°10, Petite et grande pâtisserie, rédigés par Marianne Comolli. J'ai eu la surprise, il y a quelques semaines, de voir pratiquement la même recette, mais provenant d'une source différente, chez Florianna, mais sans le rhum et les épices. Elle aussi l'aimait beaucoup. Sa version, qui ne comporte pas d'alcool, est sûrement plus adéquate pour les enfants. Celle que je propose satisfera les adultes qui aiment décortiquer les différentes saveurs des plats qui leur sont proposés.
4 oeufs
125g de beurre
100g de sucre en poudre
150g de chocolat
140g de noix de coco râpée
2 cuillerées à soupe de rhum
1 cuillerée à café de vanille
1/2 cuillerée à café de cannelle
1 cuillerée à soupe de maïzena (là, je l'ai oubliée, mais le résultat ne semble pas s'en être ressenti)
1 citron vert (j'utilise généralement, comme ici, du citron jaune, car je n'ai pas toujours du citron vert sous la main)
1 pincée de sel
1. Allumez le four th. 5 (170°). Faites fondre le chocolat au bain-marie. Faites fondre le beurre et laissez-le refroidir.
2. Cassez les oeufs en séparant les blancs des jaunes. mettez les blancs dans un bol et poudrez-les de sel; mettez les jaunes dans un second récipient, versez-y progressivement le sucre en tournant et travaillez le mélange jusqu'à ce qu'il blanchisse. Ajoutez-y enfin le beurre et le chocolat fondu et mélangez-bien. La consistance est ferme, agréable à l'oeil et ressemble à de la pâte à truffe avant refroidissement.
3. Ajoutez ensuite la noix de coco, le rhum, la cannelle, la vanille et râpez finement sur le mélange tout le zeste du citron (j'utilise un zesteur, ce qui facilite singulièrement la tâche). Un parfum enivrant se dégage du mélange que vous réalisez. C'est le moment de la préparation que je préfère. Ajoutez ensuite la cuillerée à soupe de maïzena et mélangez.
4. Battez les blancs en neige très ferme et incorporez-les délicatement à la préparation. Pour ce faire, j'utilise la méthode Lenôtre, excusez du peu. De la main droite, je plonge la spatule au milieu des blancs pour soulever la masse délicatement. De l'autre main, je tourne le bol d'un quart de tour à chaque fois. Je fais autant de quarts de tour que nécessaire pour que l'ensemble des blancs soit incorporé à la masse, ce qui est très rapide car ce geste est très naturel.
5. Versez la pâte dans un moule beurré de 22 cm ou dans un moule en silicone. Enfournez pour 35 mn. Démoulez le gâteau sur une grille et laissez-le refroidir.
Comme mon moule fait 25 cm et que le gâteau est plus beau s'il est un peu épais, j'utilise 5 oeufs et applique la règle de trois aux autres ingrédients. Pour un look à la fois plus exotique et plus explicite, on peut habiller le gâteau de noix de coco, parsemée sur une lichette de confiture pour faire tenir. Cependant, même s'il est moins beau tout nu, c'est comme ça que je le préfère.
08 août 2007
Chili con carne
Hier, le temps était un peu plus frais et j'ai pensé qu'un petit chili serait réconfortant. Je sais bien que dans la vraie recette, on utilise plutôt de la viande de boeuf coupée en petits cubes, que des haricots secs trempés une nuit, ce serait encore mieux, mais cuisiné de façon simplissime avec du steack hâché et des haricots rouges en boîte, je trouve ce plat très bon. J'ai tendance pour le faire à regarder quelques recettes sur internet et à l'arranger à ma façon. Comme je l'ai trouvé bon hier soir, je note ici les ingrédients utilisés et leur quantité, histoire de stabiliser un peu ma façon de faire.
350g de steack hâché
2 oignons
2 gousses d'ail
1 poivron (rouge sur ma première photo, prise il y a des semaines, orange sur la dernière)
1 boîte de haricots rouges
1/2 boîte de tomates pelées
1/2 mini-brique de purée de tomates nature (tomacoulis pour moi)
2 cuillerées à café de poudre de chili
1 cuillerée à café de cumin
Un peu d'origan
Huile d'olive
Sel
1. Epluchez les oignons et émincez-les finement en petits cubes. Faites-les revenir doucement à l'huile d'olive dans une sauteuse ou une poêle profonde style wok.
2. Pendant qu'ils commencent à fondre, épépinez le poivron, découpez-le également en petits cubes ou en lanières d'assez petite dimension. Ajoutez-le aux oignons.
3. Emincez de même les deux gousses d'ail. Ajoutez ces mini-cubes aux autres légumes.
4. Ajoutez enfin la viande et faites revenir l'ensemble quelques minutes, le temps que la viande perde son eau et commence à dorer.
5. Ajouter alors les épices, le sel, la demi-boîte de tomates pelées concassées, la demi-brique de tomacoulis, un peu d'eau (la valeur d'un bon verre) et un peu d'origan sec. Laissez réduire et mijoter environ 30 mn. Rectifiez l'assaisonnement. Si vous avez de l'origan frais, mettez-le seulement en fin de cuisson pour préserver tout son parfum.
On peut servir du riz blanc avec le chili. Le remplacement d'une demi-boîte de tomates pelées par une demi-brique de tomacoulis -que je préfère nettement au concentré de tomates, plus acide- confère plus d'onctuosité à la sauce.
06 août 2007
Riz au lait crémeux façon four du boulanger
La recette de riz au lait que voici est celle que les Normands connaissent sous le nom de teurgoule, mais la même façon de cuire le riz au lait est également connue en Bretagne, notamment dans le pays bigouden ou à Audierne. Elle se caractérise par le fait que le riz est cuit au four dans une grande quantité de lait entier, qui se tranforme petit à petit en une sorte de confiture de lait, qui donne tout son moelleux à ce dessert.
Elle date du temps où les desserts ne faisaient pas partie du quotidien. Quand les ménages ne disposaient que de l'âtre pour se chauffer et faire la cuisine, il arrivait qu'ils profitent, après la fournée de pain, de la chaleur résiduelle du four du boulanger pour cuire de gros gâteaux destinés aux tablées de fête, grandes terrines de far, immenses plats ronds de quatre-quarts et gâteaux bretons. Ma tante cuisait de tels gâteaux dans le four du boulanger, son voisin, pour la banielou (fête des bannières), qui ouvrait une semaine où le soir, à la veillée, on se rendait les uns chez les autres afin de terminer ces grands gâteaux -et comparer à l'occasion la qualité des recettes.
Le four du boulanger servait aussi à cuire le riz au lait. Cependant, dans le Morbihan vannetais, d'où je viens, je ne suis pas sûre que la recette de riz au lait que je donne ici était en usage. Ce n'est en tout cas pas la recette de ma mère. Ceci dit, on trouve une version proche dans le livre de Jacques Thorel, Le grand classique de la cuisine bretonne, aux éditions Ouest-France. Pour ce qui est des proportions, ma recette provient du n° 17 des Carnets de cuisine, consacré à la Cuisine aux produits laitiers (1979) et rédigé par Marianne Comolli. Par contre, au fil des années, j'ai aménagé ma façon de faire pour parvenir à la consistance que je préfère.
125g de riz rond tout simple
125g de sucre
2 litres de lait entier
1 petit morceau d'écorce de cannelle
Dans ma recette initiale, on mélangeait les ingrédients dans une terrine profonde ou une cocotte en terre d'une contenance de 4 litres et on plaçait le tout à four très doux (th. 2) pendant 6 heures. J'ai adopté une version plus courte mais tout aussi savoureuse.
1. Je verse le lait dans une cocotte en fonte, j'y ajoute le riz, le sucre et la cannelle et je porte à ébullition en remuant fréquemment de façon à ce que les grains de riz se détachent bien et n'attachent pas au fond de la cocotte.
2. Quand le lait a bouilli, je place la cocotte dans le four préalablement chauffé th. 5 (170°).
Le lait va progressivement réduire et se transformer en confiture de lait, tandis que le riz cuit tranquillement et qu'une délicieuse odeur se répand dans la maison. Au fur et à mesure de la cuisson, le riz se couvre d'une pellicule épaisse et brillante qui dore lentement jusqu'à prendre une belle couleur caramel.
Cette croûte gonfle peu à peu et en fin de cuisson, elle prend la forme d'une demi-sphère.
Si vous n'avez pas touché la croûte, à ce stade, elle sera bien plus brune, et selon moi, moins bonne. Mais on peut préférer garder cette croûte entière jusqu'à la fin de la cuisson (comptez 1h30 à 2h avec cette méthode) et trouver au-dessous le riz crémeux. Je préfère contrôler de temps à autre le degré de cuisson du riz en regardant sous la croûte et en la mélangeant un peu au riz. Pour moi, la cuisson s'achève quand le riz n'a pas encore absorbé toute la confiture de lait. Le mélange épaissit encore un peu en refroidissant.
Cette recette toute simple donne un riz au lait délicieux, agrémenté de morceaux de croûte caramélisée. Il peut se manger chaud, tiède ou froid et plaît beaucoup aux enfants. Comme le far, c'est un dessert parfait pour les vacances, simple et consistant, car comme chacun sait, l'air de la mer, ça creuse.































